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Escalade en Rojava et accord sur la province de Hassaké : chronologie et enjeux dans le nord-est de la Syrie
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Escalade en Rojava et accord sur la province de Hassaké : chronologie et enjeux dans le nord-est de la Syrie

21 janvier 2026

L’escalade des hostilités survenue dans le nord-est de la Syrie entre le 18 et le 20 janvier s’est achevée par l’annonce d’un cessez-le-feu temporaire et d’un accord-cadre entre Damas et les forces kurdes contrôlant une large partie de la région. Ces événements ont constitué l’une des crises les plus graves de ces dernières années en Rojava, mêlant affrontements armés, mobilisation massive de la population kurde et intense activité diplomatique.

Dans la soirée du 18 janvier, à l’issue de négociations à Damas, un cessez-le-feu avait été annoncé. Celui-ci n’a toutefois tenu que quelques heures. Dès la nuit du 19 janvier, des informations ont fait état de la reprise des combats et de l’avancée de forces gouvernementales syriennes et de formations alliées dans plusieurs secteurs, notamment au nord de Raqqa, dans la région d’Aïn Issa et à proximité du barrage de Tichrine. La partie kurde a estimé que la pause avait été utilisée pour un redéploiement, tandis que les affrontements reprenaient sur plusieurs axes.

Tout au long de la journée du 19 janvier, la pression s’est accentuée autour de Hassaké et de Kobani. Des retraits ponctuels de positions ont été signalés, parallèlement à l’apparition de rapports faisant état d’évasions depuis des lieux de détention abritant des personnes liées à des groupes terroristes. La situation autour du camp d’Al-Hol, dans la province de Hassaké, s’est rapidement détériorée, avec des troubles internes et une aggravation des risques sécuritaires et humanitaires.

L’escalade a provoqué une réaction régionale d’ampleur. Des manifestations et rassemblements de solidarité ont été signalés dans les zones kurdes de Syrie ainsi que dans la région autonome du Kurdistan irakien, notamment à Erbil, Souleimaniyeh et Dohouk. Dans le sud-est de la Turquie, des groupes de Kurdes ont tenté de se rapprocher des zones frontalières en direction de Qamichli. Des informations ont également fait état de l’arrivée de volontaires en provenance de régions voisines, illustrant le caractère transnational de la crise.

Les combats se sont poursuivis le 20 janvier, avec des affrontements positionnels signalés en périphérie de Hassaké et aux abords de Kobani. Dans le même temps, le centre de Hassaké serait resté relativement calme selon plusieurs sources. Les forces kurdes ont annoncé des mesures de mobilisation renforcées, tandis que des informations faisaient état de frappes aériennes et de l’emploi d’armes plus lourdes dans certains secteurs.

Un tournant majeur est intervenu autour du camp d’Al-Hol. Les forces kurdes ont confirmé le retrait complet de leurs unités, après quoi l’armée syrienne a annoncé son entrée sur le site afin de « stabiliser la situation ». Parallèlement, des rapports ont évoqué la libération d’un grand nombre de personnes associées à des réseaux terroristes, suscitant de vives réactions de la part de la partie kurde et des accusations d’inaction à l’encontre de la communauté internationale.

Dans l’après-midi du 20 janvier, la confrontation a basculé vers un registre politique. L’administration présidentielle syrienne a annoncé la conclusion d’un accord-cadre avec les forces kurdes concernant l’avenir de la province de Hassaké. Selon les termes rendus publics, un cessez-le-feu de quatre jours a été décrété afin de permettre des consultations et l’élaboration d’un plan d’intégration. Les forces syriennes ne doivent pas entrer dans les centres de Hassaké et de Qamichli, restant cantonnées à leurs périphéries, tandis que la sécurité des villages kurdes serait assurée par des forces locales. L’accord prévoit également l’intégration des structures militaires et de sécurité kurdes dans les institutions étatiques, ainsi que la mise en œuvre de mesures relatives aux droits linguistiques, culturels et civiques.

Le ministère syrien de la Défense a confirmé l’entrée en vigueur du cessez-le-feu sur l’ensemble des fronts. Les forces kurdes ont, de leur côté, déclaré leur disposition à respecter les engagements pris.

Les déclarations américaines ont ajouté une dimension internationale à ces développements. Washington a estimé que Damas était en mesure d’assumer la responsabilité des questions de sécurité, notamment le contrôle des centres de détention, tout en réaffirmant qu’aucune présence militaire américaine de long terme n’était envisagée en Syrie. Les responsables américains ont présenté l’intégration des régions kurdes dans le cadre politique syrien, avec un appui diplomatique, comme la voie la plus réaliste vers une stabilité durable et la sécurité des populations kurdes.

Les événements des 18–20 janvier ont mis en évidence la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans le nord-est de la Syrie et l’ampleur des risques liés à une nouvelle escalade majeure. Si le cessez-le-feu et l’accord annoncés ouvrent une fenêtre de désescalade, leur pérennité dépendra de leur mise en œuvre effective, du contrôle des sites sensibles tels que les camps et centres de détention, ainsi que de la capacité des parties à éviter une nouvelle spirale de violences.

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