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La Chine et l’expansion mondiale de la « Nouvelle route de la soie »
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La Chine et l’expansion mondiale de la « Nouvelle route de la soie »

21 janvier 2026

La Chine et l’expansion mondiale de la « Nouvelle route de la soie » : l’infrastructure comme instrument géopolitique.

En 2025, la Chine a fortement intensifié son activité dans le cadre de l’initiative « Ceinture et Route » (Belt and Road Initiative), en en faisant l’un des principaux leviers de son influence économique et diplomatique. À la fin de l’année, le volume total des investissements et des contrats liés à cette initiative a atteint un niveau record d’environ 213,5 milliards de dollars, le plus élevé depuis le lancement du projet en 2013.

Cette progression a été portée avant tout par des projets d’infrastructure et d’énergie de grande envergure. Des entreprises chinoises, principalement publiques ou para-publiques, ont multiplié les contrats pour la construction de ports, de voies ferrées, d’autoroutes, d’installations énergétiques et de plateformes logistiques en Asie, en Afrique, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Une part importante des financements a été orientée vers le secteur de l’énergie, à la fois vers des projets traditionnels dans le pétrole et le gaz et vers des installations d’énergies renouvelables, notamment solaires et éoliennes.

Un autre axe majeur a concerné l’augmentation des investissements dans les ressources stratégiques. En 2025, la Chine a porté à des niveaux sans précédent ses engagements dans les secteurs minier et métallurgique, ce qui s’inscrit dans l’objectif de sécuriser l’approvisionnement en matières premières indispensables à son industrie et à ses secteurs technologiques. Ces projets sont perçus à Pékin comme un élément d’une stratégie de long terme visant à protéger les chaînes d’approvisionnement mondiales contre les chocs extérieurs et les risques géopolitiques.

Sur le plan géographique, l’activité la plus intense s’est concentrée en Afrique et en Asie, notamment en Asie centrale. Dans plusieurs pays, le volume des contrats et des investissements chinois a fortement augmenté par rapport aux années précédentes. Parallèlement, la Chine a poursuivi le développement de corridors de transport reliant son économie aux marchés européens, moyen-orientaux et sud-asiatiques, réduisant les délais de livraison et la dépendance aux routes commerciales traditionnelles dominées par les infrastructures occidentales.

À la fin de 2025, l’initiative « Ceinture et Route » impliquait environ 150 pays et organisations internationales, contribuant à la formation d’une architecture alternative de la connectivité économique mondiale. Pour de nombreux États en développement, la participation à ces projets a représenté une source de financement et de modernisation des infrastructures. Dans le même temps, elle a accru leur dépendance financière et politique à l’égard de Pékin, devenu l’un des principaux créanciers bilatéraux à l’échelle mondiale.

Dans un contexte de concurrence géopolitique croissante, la Chine utilise désormais la « Nouvelle route de la soie » non seulement comme un instrument économique, mais aussi comme un outil stratégique. L’expansion de sa présence infrastructurelle lui permet de consolider ses positions dans des régions clés, de garantir l’accès à des ressources essentielles et de bâtir des partenariats durables en dehors des cadres financiers et institutionnels occidentaux.

Dans l’ensemble, les résultats records enregistrés en 2025 témoignent de l’entrée de l’initiative « Ceinture et Route » dans une nouvelle phase. Elle est de plus en plus perçue comme un pilier central de la stratégie globale de la Chine visant à remodeler les chaînes d’approvisionnement internationales et à renforcer son influence dans l’économie mondiale et la géopolitique, plutôt que comme une simple juxtaposition de projets d’investissement.

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