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Pourquoi une frappe américaine contre l’Iran est peu probable
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Pourquoi une frappe américaine contre l’Iran est peu probable

11 janvier 2026

Et pourquoi, si elle a lieu, le résultat serait inverse

La situation en Iran se dégrade rapidement, et c’est précisément cette crise intérieure qui rend une intervention militaire extérieure de plus en plus improbable. Le pays ne fait plus face à de simples difficultés économiques ni à des protestations ponctuelles. Il traverse une crise structurelle qui touche le pouvoir, la société et les mécanismes mêmes de l’État.

Dans plusieurs régions, des affrontements avec les forces de sécurité ont été signalés, des bâtiments administratifs ont été incendiés et des symboles de l’autorité publique ont été pris pour cible. Les autorités ont répondu par un durcissement sécuritaire, des restrictions sur les communications et des coupures d’internet. Il ne s’agit pas d’un épisode passager, mais d’une tension profonde qui n’a pas encore atteint son point culminant.

À première vue, cette instabilité pourrait sembler ouvrir une fenêtre pour une intervention extérieure. On pourrait penser qu’une pression internationale ou même une frappe militaire suffirait à faire céder un système déjà fragilisé. En réalité, la logique est inverse.

L’Iran d’aujourd’hui n’est pas une structure que l’on peut démanteler par une action militaire limitée. Une crise interne ne produit pas automatiquement une alternative politique cohérente. Le mécontentement est fragmenté, les mouvements de protestation sont dispersés et aucune force claire n’est en mesure de remplacer rapidement le pouvoir en place. Dans ces conditions, une frappe extérieure ne créerait pas une transition, mais du chaos.

Par ailleurs, une attaque étrangère transformerait immédiatement la nature de la crise. Un conflit interne deviendrait une confrontation avec un ennemi extérieur. Même les citoyens critiques à l’égard des autorités se retrouveraient face à un choix brutal entre l’opposition au régime et la défense du pays. L’histoire montre que, dans de telles situations, les régimes ont tendance à se consolider plutôt qu’à s’effondrer.

Du point de vue de Washington, le moment est également défavorable. Les États-Unis ne cherchent pas à ouvrir un nouveau conflit majeur au Moyen-Orient. Leur attention stratégique s’est déplacée vers d’autres priorités, et engager des ressources politiques et militaires dans une confrontation longue et imprévisible ne correspond pas à cette orientation.

Les alliés jouent aussi un rôle dissuasif. Les pays européens affichent une prudence marquée, conscients qu’un conflit d’ampleur avec l’Iran entraînerait une instabilité régionale, des perturbations économiques et des pressions migratoires dont ils subiraient les premières conséquences. L’enthousiasme pour une escalade est absent.

Enfin, il existe un calcul pragmatique. Même une frappe présentée comme limitée ne le resterait probablement pas. Des réponses asymétriques seraient inévitables, la tension régionale s’aggraverait et le contrôle de la situation deviendrait rapidement incertain. Les risques sont difficiles à évaluer et encore plus difficiles à maîtriser.

Ainsi, l’absence de frappe ne doit pas être interprétée comme un signe de faiblesse. Elle reflète la compréhension qu’une intervention militaire, dans les conditions actuelles, ne résoudrait aucun problème et en créerait de nouveaux.

Si une frappe devait malgré tout avoir lieu, ses effets seraient contraires aux attentes. La fragmentation intérieure laisserait place à la mobilisation. La contestation ne disparaîtrait pas, mais serait repoussée. La région ne se stabiliserait pas, elle entrerait dans une phase plus dangereuse.

C’est pour cette raison que l’on entend aujourd’hui tant de déclarations fermes et que l’on observe si peu d’actions concrètes. Les mots servent d’outil de pression. Les décisions réelles sont différées, car le prix de l’erreur serait trop élevé.

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