
Le président Trump, lors de son premier mandat puis après son retour à l’exercice de ses fonctions en janvier 2025, a restauré les forces armées américaines et a veillé à ce qu’elles demeurent les meilleures au monde, la force de combat la plus redoutable. Il est important de souligner l’ampleur de ce qui a été accompli. En janvier 2025, le président a pris la direction du pays dans l’un des environnements de sécurité les plus dangereux de toute l’histoire des États-Unis. À l’intérieur du pays, la frontière américaine était saturée par des flux illégaux, les cartels de la drogue et les structures qui leur sont liées se renforçaient dans l’ensemble de l’hémisphère occidental, et l’accès des États-Unis à des points géostratégiques essentiels, tels que le canal de Panama et le Groenland, devenait de moins en moins assuré.
En Europe, où le président Trump avait auparavant contraint les alliés de l’OTAN à prendre la défense au sérieux, l’administration précédente a de fait encouragé leur passivité et leur dépendance à l’égard des États-Unis, laissant l’Alliance incapable de dissuader ou de répondre efficacement à l’invasion russe de l’Ukraine. Au Moyen-Orient, Israël a démontré, après les attaques barbares du 7 octobre, qu’il était capable et déterminé à se défendre, s’imposant ainsi comme un allié exemplaire ; pourtant, au lieu de renforcer Israël, l’administration précédente a limité ses capacités. Dans le même temps, la Chine et ses forces armées accroissaient leur puissance et étendaient leur influence.
Les années précédentes ont été marquées par un affaiblissement du potentiel de défense : dégradation de l’état de préparation, retards dans la modernisation, détérioration de la base industrielle et délocalisation de la production, y compris dans le secteur de la défense. Les militaires américains ont été à plusieurs reprises engagés dans des conflits sans objectif politique clair ni résultat défini, ce qui a sapé la préparation opérationnelle, usé les équipements et entamé le moral. Dans ce contexte, une stratégie fondée sur le réalisme et sur des intérêts nationaux clairement définis, plutôt que sur des projets permanents de refonte de l’ordre mondial, est devenue nécessaire.
Cette Stratégie nationale de défense établit le cadre d’action du département de la Défense et des forces armées américaines afin de protéger le pays et ses citoyens, de dissuader les adversaires, de l’emporter dans une guerre si nécessaire, et de le faire de manière à ce que la puissance américaine crée un espace pour la diplomatie. Le principe central de cette approche se résume par une formule simple : la paix se garantit par la force. La force n’est pas une fin en soi ; elle sert à dissuader les adversaires de toute agression et à donner au président de réels leviers de négociation depuis une position d’avantage.
La stratégie repose sur l’idée que les États-Unis doivent corriger le déséquilibre entre engagements et ressources. Les alliés et partenaires doivent contribuer de manière plus substantielle à la sécurité collective. Les États-Unis soutiendront des coalitions, mais ne compenseront pas indéfiniment le manque de volonté, de ressources ou de responsabilité d’autres pays. Dans le même temps, les États-Unis conserveront un leadership mondial fondé sur la priorité accordée à la protection du peuple américain, du territoire national et des intérêts souverains.
Le document souligne que la défense des États-Unis est impossible sans une base industrielle de défense solide, des chaînes d’approvisionnement résilientes, ainsi qu’une main-d’œuvre et des capacités de production aptes à augmenter rapidement la fabrication d’armes et de munitions. Les États-Unis entendent renforcer leur base industrielle de défense, accélérer la production, élargir les capacités et améliorer la qualité et le rythme afin d’être prêts à des conflits prolongés de haute intensité, tout en soutenant leurs alliés lorsque cela correspond aux intérêts américains.
La stratégie met également en avant la nécessité de restaurer l’esprit guerrier, la discipline, la culture de la victoire et un niveau élevé de préparation opérationnelle. Les forces armées doivent être prêtes à une concurrence rigoureuse entre grandes puissances, aux nouvelles technologies, aux menaces dans l’espace et le cyberespace, aux armes de précision et à l’emploi massif de systèmes sans pilote. Les États-Unis développeront l’innovation et accéléreront l’adoption de nouvelles solutions sans compromettre la préparation fondamentale ni la capacité à mener la guerre.
L’environnement stratégique est décrit comme une période de concurrence directe entre grandes puissances. Les États-Unis considèrent cette réalité comme le facteur central déterminant la planification, l’allocation des ressources et les priorités.
La Chine est qualifiée de principal défi à long terme. Elle dispose d’une économie et d’une base industrielle suffisantes pour soutenir une compétition prolongée et transforme activement ce potentiel en puissance militaire. La Chine cherche à modifier l’équilibre des forces, à étendre sa présence et son influence, à renforcer ses capacités de projection de puissance, et à développer des missiles, des forces navales et aériennes, ainsi que des capacités spatiales, cybernétiques et nucléaires. La stratégie souligne que la région indo-pacifique constitue le théâtre central de la rivalité à long terme et que l’objectif des États-Unis est d’y préserver l’avantage militaire et d’empêcher toute coercition des alliés et partenaires par la Chine. Les États-Unis renforceront la dissuasion et demeureront prêts à défendre leurs intérêts, garantissant la liberté d’action et la sécurité de leurs alliés.
La Russie est considérée comme une menace militaire immédiate et aiguë en Europe. Le document appelle à rétablir la capacité de l’OTAN à assurer une dissuasion et une défense crédibles et à mettre fin aux pratiques par lesquelles certains alliés s’appuient sur les États-Unis sans fournir une contribution suffisante à leur propre défense. Il est souligné que la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine a mis en lumière les faiblesses de la sécurité européenne ainsi que la nécessité de développer une production d’armements et de munitions à une échelle compatible avec un affrontement prolongé. Les États-Unis entendent maintenir leur détermination en Europe tout en attendant des États européens qu’ils assument une part bien plus importante de l’effort.
L’Iran et ses réseaux de partenaires régionaux sont décrits comme des sources de déstabilisation au Moyen-Orient, des menaces pour les alliés et les intérêts américains, et des facteurs susceptibles d’entraîner la région dans des crises majeures. La stratégie affirme le soutien des États-Unis à Israël en tant qu’allié capable et disposé à se défendre et vise à garantir des conditions empêchant les adversaires d’élargir leur agression.
La Corée du Nord est évaluée comme un problème militaire durable, disposant de capacités nucléaires et balistiques et capable de provoquer des crises. Les États-Unis maintiendront la dissuasion dans la péninsule coréenne en coopération avec leurs alliés et renforceront la défense contre les menaces balistiques.
Les menaces transnationales sont également mises en évidence : terrorisme, cartels de la drogue et structures associées, qui alimentent l’instabilité dans l’hémisphère occidental, portent atteinte à la sécurité des citoyens américains et exercent une pression sur la frontière. Il est souligné que la sécurité intérieure et la sécurité extérieure sont étroitement liées, la proximité géographique des menaces, les réseaux criminels et les flux illégaux créant de réelles vulnérabilités.
La stratégie souligne que les conflits futurs se caractériseront par une grande rapidité, l’emploi massif de systèmes sans pilote, la diffusion d’armes de précision, une confrontation active dans le cyberespace et l’espace, ainsi que des tentatives visant à paralyser la logistique et le commandement. En conséquence, les États-Unis renforceront la résilience des communications, des systèmes de commandement, des infrastructures et des chaînes d’approvisionnement.
Le document définit une approche générale : les États-Unis agiront sur la base du réalisme, d’intérêts nationaux directs et de la priorité donnée à la protection du peuple américain. La puissance militaire sera développée comme un instrument de dissuasion et comme un appui à la diplomatie. Lorsque cela s’avérera nécessaire, les forces armées devront être prêtes à remporter la guerre.
La stratégie fixe les priorités suivantes : défense du territoire et des citoyens des États-Unis, maintien d’une dissuasion nucléaire crédible, supériorité dans l’espace et le cyberespace, préservation de l’avantage militaire dans la région indo-pacifique, et renforcement de la capacité de dissuasion en Europe, au Moyen-Orient et dans d’autres régions. La dissuasion doit être crédible : l’adversaire doit percevoir la préparation des États-Unis, leur rapidité de réaction et leur capacité à soutenir un affrontement prolongé.
La base industrielle de défense occupe une place centrale. La stratégie appelle à accroître les cadences de production, élargir les capacités, garantir la résilience des approvisionnements, réduire la dépendance à l’égard de sources extérieures pour les matériaux et composants critiques, accélérer les procédures d’acquisition, lever les obstacles bureaucratiques, mobiliser davantage l’industrie, renforcer les stocks et créer les conditions nécessaires à l’augmentation de la production de munitions et de systèmes clés. Il est précisé que l’industrie doit être en mesure de répondre non seulement aux besoins des États-Unis, mais aussi, le cas échéant, de soutenir les alliés lorsque cela correspond aux intérêts de Washington.
La stratégie souligne également la nécessité d’accroître la préparation opérationnelle par le rétablissement de la discipline, de l’entraînement, de la culture de la victoire et du moral. L’accent est mis sur ce qui renforce la capacité à l’emporter, plutôt que sur des missions qui diluent la finalité des forces armées.
Le document décrit ensuite les axes pratiques par lesquels la stratégie sera mise en œuvre.
Le premier axe vise à renforcer la défense du territoire national et la résilience intérieure : sécurité des frontières, protection des infrastructures, défense contre les menaces balistiques, résilience de la logistique et du commandement, et lutte contre les réseaux qui sapent la sécurité dans l’hémisphère occidental.
Le deuxième axe porte sur la dissuasion et la concurrence avec les grandes puissances, en premier lieu la Chine, ainsi que sur la confrontation avec la Russie. Il met en avant la nécessité de conserver l’avantage dans la région indo-pacifique, de développer des forces capables d’agir rapidement à longue distance, d’assurer la sécurité des alliés, de renforcer les capacités navales et aériennes, et de maintenir une dissuasion nucléaire fiable.
Le troisième axe concerne la redistribution des responsabilités : les alliés et partenaires doivent contribuer davantage, accroître leurs dépenses de défense, renforcer leurs forces armées et leur base industrielle. Les États-Unis soutiendront leurs alliés, mais attendent des actions concrètes et non de simples déclarations. La logique est claire : la sécurité collective exige des investissements et des efforts collectifs.
Le quatrième axe est consacré à la modernisation et à l’innovation : accélération de l’adoption des nouvelles technologies, développement des systèmes sans pilote, amélioration de l’efficacité du commandement, exploitation des données, renforcement de la cyberdéfense et des capacités spatiales, et raccourcissement du cycle allant de l’idée à la production en série.
Le cinquième axe concerne la réforme des processus : réduction de la bureaucratie, accélération des acquisitions et de la maintenance, renforcement de la discipline d’exécution, gestion des ressources orientée vers les résultats, et suppression des pratiques qui nuisent à la préparation opérationnelle.
La stratégie se conclut par l’affirmation que les États-Unis resteront l’épée et le bouclier de la nation, agissant dans l’intérêt du peuple américain, assurant la paix par la force, renforçant la dissuasion, soutenant les alliés lorsque cela sert les intérêts des États-Unis, et créant des conditions dans lesquelles les adversaires ne pourront réussir par l’agression ou la coercition. Les États-Unis entendent être prêts à une concurrence complexe et durable, ainsi qu’à des conflits de haute intensité si la dissuasion venait à échouer.

23 mai 2026
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