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Le Venezuela entre le pétrole et le contrôle externe. La stabilisation économique comme instrument de la géopolitique américaine
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Le Venezuela entre le pétrole et le contrôle externe. La stabilisation économique comme instrument de la géopolitique américaine

23 janvier 2026

La période allant du 10 au 23 janvier 2026 a marqué pour le Venezuela un basculement net d’une phase de pression ouverte vers une dynamique dominée par l’économie, le pétrole et la diplomatie. Si la phase militaire de l’opération américaine s’est formellement achevée plus tôt, ses effets se déploient désormais à travers des accords commerciaux, des réformes législatives, un réengagement diplomatique limité et une tension politique intérieure persistante. La question centrale est devenue celle du contrôle des flux pétroliers et de la manière dont le Venezuela est intégré à une nouvelle architecture régionale et mondiale.

Le premier développement majeur est intervenu à la mi-janvier, lorsque les États-Unis ont autorisé la vente de pétrole vénézuélien par l’intermédiaire de courtiers américains. Il ne s’agissait pas d’une levée des sanctions, mais d’une ouverture strictement encadrée de l’accès au marché via une infrastructure contrôlée par les États-Unis. Parallèlement, plusieurs pétroliers liés à des circuits de contournement des sanctions ont été saisis dans la région des Caraïbes. En une seule semaine, au moins sept navires ont été immobilisés, illustrant un contrôle rigoureux des chaînes logistiques maritimes. Le message visait non seulement Caracas, mais aussi les pays tiers impliqués auparavant dans des schémas de transport informels.

À l’intérieur du pays, les réactions ont été profondément contrastées. Des figures de l’opposition, notamment María Corina Machado et Edmundo González, ont vivement critiqué l’évolution de la situation, la qualifiant de « madurisme sans Maduro ». Selon eux, l’élimination formelle de Nicolás Maduro n’a pas entraîné une transformation réelle du système, mais a ouvert la voie à une gestion externe par des leviers économiques. Cette lecture s’est rapidement diffusée dans les médias d’opposition et est devenue un argument central contre toute coopération avec Washington dans le secteur pétrolier.

Sur la scène internationale, les réactions ont également été mitigées. La Russie, la Chine et l’Iran ont dénoncé les actions américaines comme une atteinte à la souveraineté du Venezuela, mais se sont limités à des déclarations diplomatiques, sans mesures militaires ou économiques concrètes. Les Nations unies ont qualifié la situation de précédent dangereux susceptible d’éroder les fondements du droit international, sans toutefois activer de mécanismes contraignants.

Aux États-Unis, la politique vénézuélienne a suscité un affrontement interne. Des élus démocrates ont tenté de restreindre les marges de manœuvre de l’administration de Donald Trump, mais les républicains ont bloqué ces initiatives, laissant à la Maison-Blanche une liberté d’action intacte en matière de sanctions, de licences et de politique énergétique.

Entre le 16 et le 20 janvier, l’attention s’est clairement déplacée vers l’économie. L’Assemblée nationale du Venezuela a approuvé la première étape d’une réforme de la loi sur le pétrole, ouvrant le secteur aux investisseurs étrangers et renforçant la protection juridique de leurs capitaux. Cette décision répond directement aux exigences américaines et constitue une condition essentielle à l’accès au marché. Presque immédiatement, les premières transactions ont été conclues. Valero et Phillips 66 ont acheté du pétrole vénézuélien via des partenariats impliquant Chevron, confirmant la viabilité du nouveau modèle.

Les indicateurs financiers ont réagi rapidement. La demande intérieure de USDT au Venezuela a reculé d’environ 40 %, un phénomène attribué à la stabilisation du taux de change résultant des recettes pétrolières et des évolutions politiques. Les analystes y voient un signal précoce de normalisation économique potentielle, même si les risques liés à l’inflation et aux sanctions demeurent. L’économie a bénéficié d’un soutien à court terme, mais sa solidité à long terme reste incertaine.

Dans ce contexte, les déclarations de Donald Trump à Davos s’inscrivent dans un récit plus large. Il a affirmé publiquement que le Venezuela allait « se porter de manière fantastique » et qu’il gagnerait en six mois plus d’argent qu’au cours des vingt dernières années. Ces propos s’adressaient à la fois aux investisseurs et à l’opinion publique américaine, présentant le cas vénézuélien comme la preuve de l’efficacité de la ligne de politique étrangère de son administration.

Washington a également indiqué que la Chine serait autorisée à acheter du pétrole vénézuélien, mais sans remises préférentielles et uniquement via des canaux contrôlés par les États-Unis. Cela signifie que même les grands acteurs extérieurs sont intégrés dans un système où le contrôle ultime reste américain. Dans ce cadre, le Venezuela ne redevient pas un exportateur libre, mais un fournisseur géré au sein d’un régime encadré.

Au 23 janvier, la situation apparaît relativement stable, sans nouveaux incidents militaires, mais avec une tension interne élevée. Des marches organisées par des structures communales à Caracas ont rassemblé des milliers de personnes réclamant la libération de Nicolás Maduro et de Cilia Flores. Les autorités ont simultanément rendu hommage à des soldats tombés au combat, parmi lesquels une femme pilote mentionnée comme ayant péri lors de la défense contre l’opération américaine. Ces gestes symboliques visent à maintenir la loyauté du noyau chaviste.

L’opposition continue de parler d’« occupation » et critique Donald Trump pour avoir ignoré Machado tout en se concentrant exclusivement sur le pétrole. Un facteur supplémentaire d’instabilité réside dans l’activité des colectivos, des milices paraétatiques associées à des coupures d’électricité et à des rapports contradictoires sur des décès civils. Les estimations varient entre 80 et plus de 100 victimes, alimentant un climat d’incertitude et de crainte.

Sur le plan politique interne, Rodríguez a renforcé son autorité en réorganisant les cercles de loyauté, remplaçant certains responsables tout en conservant des figures chavistes clés telles que Diosdado Cabello. Il n’y a pas de soulèvements massifs, mais la tension reste forte au sein du camp au pouvoir, nourrie par la peur de purges et de recompositions.

Dans le secteur pétrolier, les attentes demeurent élevées. Des informations font état de ventes de pétrole supérieures à 300 millions de dollars aux États-Unis. L’administration Trump envisage d’élargir les licences accordées à de grands négociants comme Vitol et Trafigura, tout en maintenant la condition centrale selon laquelle toutes les transactions doivent passer par le marché américain. Cela consolide un modèle de contrôle économique sans annexion formelle ni administration directe.

La dimension diplomatique progresse en parallèle. Rodríguez prévoit une visite aux États-Unis, qui pourrait être la première depuis plus de vingt-cinq ans. Sa rencontre avec des représentants de la CIA le 16 janvier est largement interprétée comme un signal de coopération. Les États-Unis ont envoyé un nombre limité de diplomates à Caracas afin de rétablir des relations, indiquant une normalisation prudente au niveau des contacts officiels.

Un autre élément symbolique est le procès en cours de Nicolás Maduro, détenu dans une prison de Brooklyn. Il refuse de reconnaître les charges et se présente comme un prisonnier de guerre. La Maison-Blanche utilise cette affaire comme un levier de pression sur Cuba, la Colombie, le Mexique et l’Iran, élargissant la question vénézuélienne à une campagne régionale plus vaste.

Les réactions internationales demeurent mesurées. L’Union européenne, le Brésil et la Colombie expriment des critiques sans mesures concrètes. La Chine réévalue ses crédits accordés au Venezuela. La Russie indique que ces évolutions influeront sur sa position dans les négociations concernant l’Ukraine. À Davos, Donald Trump a lié le dossier vénézuélien à des accords globaux, affirmant qu’il concerne une part significative des flux économiques mondiaux.

Les analystes s’accordent largement pour dire qu’il ne s’agit pas d’un changement de régime classique. Il s’agit plutôt d’un modèle de gouvernance par des structures locales sous supervision externe, le pétrole constituant le principal levier. Il n’y a pas de présence permanente de troupes américaines au sol, mais la marine des États-Unis maintient une présence dans la mer des Caraïbes pour assurer le contrôle et le blocus. Donald Trump n’exclut pas le recours à des « bottes au sol » si la situation l’exige.

Les implications dépassent l’Amérique latine. Dans les cercles d’experts et sur les réseaux sociaux chinois, le cas vénézuélien est déjà évoqué comme un modèle potentiel pour d’autres régions, y compris Taïwan. Dans le même temps, l’OPEP plus a suspendu l’augmentation de la production en raison d’un excédent d’offre, le Venezuela n’étant pas abordé dans les discussions actives du cartel.

L’opinion publique reste polarisée. Sur les réseaux sociaux, les discours oscillent entre « libération » et « impérialisme ». Aux États-Unis, les sondages montrent qu’environ 70 % des Américains s’opposent aux guerres sans fin, ce qui renforce l’accent mis par l’administration sur les résultats économiques plutôt que sur l’escalade militaire. Pour Donald Trump, le Venezuela s’inscrit dans une stratégie énergétique plus large, liée à l’Arctique et au Groenland.

La principale inconnue des prochaines semaines concerne les contrats pétroliers et la visite annoncée de Rodríguez à Washington. C’est de leur issue que dépendra le passage du Venezuela vers une reprise pétrolière encadrée sous influence américaine ou un retour à l’instabilité. Des signes de stabilisation économique sont visibles, mais les risques humanitaires persistent, notamment en raison de la perturbation des chaînes d’approvisionnement médicales. À l’échelle mondiale, l’influence des États-Unis se renforce, mais au prix d’un effritement potentiel des alliances, l’Allemagne et le Danemark montrant des signes de réorientation stratégique.

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