
Dès l’ouverture, le ton était ambitieux. Le président américain a qualifié le Conseil de l’un des projets les plus déterminants de sa carrière, affirmant qu’il s’agissait du conseil le plus prestigieux jamais réuni. L’objectif affiché n’est pas la discussion, mais l’exécution : transformer la paix en réalité opérationnelle.
Gaza constitue le cœur du projet.
Un nouveau Comité national pour l’administration de Gaza a présenté un plan de transition structuré autour de quatre priorités : rétablir la sécurité, relancer l’économie, assurer une aide humanitaire durable et reconstruire les services essentiels tels que l’électricité, l’eau, la santé et l’éducation. Une nouvelle force de police civile unifiée doit être créée, avec un objectif de 5 000 agents formés et déployés en 60 jours. Des milliers de candidatures ont été enregistrées dès les premières heures.
Parallèlement, une Force internationale de stabilisation (FIS) est mise en place. L’Indonésie, le Maroc, le Kazakhstan, le Kosovo et l’Albanie ont accepté d’envoyer des troupes. L’Indonésie a évoqué la possibilité de déployer jusqu’à 8 000 militaires et d’occuper un poste de commandement adjoint. L’Égypte et la Jordanie assureront la formation des forces de police palestiniennes. Le territoire sera divisé en cinq secteurs, chacun placé sous la responsabilité d’une brigade internationale, avec une priorité initiale accordée à Rafah.
Le modèle proposé repose sur le principe de la « paix par la reconstruction structurée ». La sécurité est garantie par une autorité civile unique soutenue par une présence internationale. L’économie est relancée par l’investissement et l’intégration régionale. La gouvernance évolue progressivement vers une administration autonome.
Un plan de transformation sur dix ans a été présenté. À l’horizon de trois ans, Rafah devrait être entièrement reconstruite, le chômage réduit et Gaza intégrée à un « corridor abrahamique » reliant l’Égypte, Israël, la Jordanie, les pays du Golfe, puis l’Inde et l’Europe. À dix ans, Gaza serait autonome, économiquement viable et pleinement intégrée dans son environnement régional.
Sur le plan financier, les États-Unis ont annoncé un engagement de 10 milliards de dollars. Le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, les Émirats arabes unis, le Maroc, Bahreïn, le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Ouzbékistan et le Koweït ont promis collectivement plus de 7 milliards de dollars. Une résolution établissant des principes de transparence et d’intégrité financière a été signée.
Les interventions des dirigeants ont révélé des approches diverses. Le président du Kazakhstan a qualifié l’initiative d’innovation historique fondée sur la construction comme vecteur de paix. L’Argentine a insisté sur la nécessité d’une architecture institutionnelle capable d’imposer l’ordre. La Hongrie a soutenu le format comme alternative pragmatique aux blocages diplomatiques. La Turquie a réaffirmé que la solution à deux États demeure le fondement d’une paix durable.
La question du rôle des Nations unies a également été abordée. Le président américain a affirmé vouloir renforcer et revitaliser l’ONU, tout en suggérant que le Conseil pourrait en améliorer l’efficacité. L’Albanie a souligné que l’objectif n’est pas de remplacer l’ONU mais de stimuler son dynamisme.
Cependant, l’initiative s’inscrit dans un contexte régional extrêmement tendu.
Les tensions avec l’Iran se sont intensifiées. Les États-Unis ont renforcé leur dispositif militaire dans la région et envisagent des frappes limitées si aucun accord nucléaire n’est conclu. Le président américain a donné à Téhéran un délai de 10 à 15 jours pour parvenir à un accord. Israël a indiqué être prêt à toute éventualité. L’Iran a averti qu’en cas d’attaque, ses représailles seraient proportionnelles et étendues.
Ainsi, le Conseil de la Paix évolue sur deux axes simultanés : la reconstruction de Gaza et la préparation stratégique face à un possible affrontement régional.
Le président américain a également invité la Chine et la Russie à rejoindre l’initiative, élargissant potentiellement son champ d’action à une dimension globale.
En définitive, le Conseil de la Paix constitue une structure hybride : fonds de reconstruction, mission de stabilisation, coalition politique et prototype de gestion centralisée des crises. Son succès dépendra de la stabilité de la coalition, de l’efficacité du dispositif sécuritaire à Gaza et de l’évolution de la crise iranienne.
À ce stade, il s’agit d’une expérimentation institutionnelle majeure — une tentative de redéfinir les mécanismes de gestion des conflits en combinant leadership politique, reconstruction économique et instruments sécuritaires dans un cadre intégré.

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