
La Suède signale la présence de gardes armés à bord de pétroliers russes en mer Baltique
Les autorités militaires et maritimes suédoises indiquent avoir observé la présence de personnels armés en uniforme à bord de plusieurs pétroliers russes appartenant à la « flotte fantôme » opérant en mer Baltique. Ces informations ont été confirmées par des responsables de la marine suédoise et des garde-côtes les 15 et 16 décembre 2025, et ont été rapportées pour la première fois par SVT Nyheter.
Ces observations suggèrent la mise en place d’un niveau supplémentaire de protection autour de navires utilisés pour contourner les sanctions, et soulèvent des questions liées à la sécurité maritime, aux risques d’escalade et à la stabilité régionale.
Marko Petkovic, chef des opérations de la marine suédoise, a déclaré que les autorités disposent d’éléments crédibles indiquant la présence de personnel armé à bord de certains pétroliers liés à la Russie.
Selon lui, les individus observés portaient des armes et des uniformes de type militaire. Il a toutefois précisé qu’il s’agirait très probablement de membres de sociétés de sécurité privées et non nécessairement de militaires russes en service actif.
Il s’agit néanmoins de la première confirmation officielle par la marine d’un État membre de l’OTAN de telles observations, faisant passer des informations jusque-là non confirmées dans le domaine des évaluations étatiques.
La Suède repère des gardes armés sur des pétroliers russes
Les responsables suédois relient cette présence armée à un effort plus large de la Russie visant à protéger sa « flotte fantôme » — composée de centaines de pétroliers, pour la plupart anciens et à la structure de propriété opaque, utilisés pour exporter du pétrole en contournant les plafonds de prix du G7 et les sanctions de l’Union européenne.
Marko Petkovic a indiqué que ces mesures s’accompagnent d’une présence « relativement constante » de bâtiments de la flotte russe de la Baltique dans des zones clés de la mer Baltique et du golfe de Finlande.
Daniel Stenling, chef adjoint des opérations des garde-côtes suédois, a pour sa part signalé une augmentation de l’activité navale russe à proximité de zones côtières stratégiques. Il a précisé que les garde-côtes n’avaient pas observé directement de personnels armés à bord des pétroliers, tout en soulignant l’importance critique de cette flotte pour l’économie russe et ses revenus liés au conflit.
Selon des analystes maritimes occidentaux, jusqu’à 90 % des exportations de pétrole brut russe par voie maritime transiteraient par la flotte fantôme. Nombre de ces navires sont anciens, battent pavillon de pays tiers et disposent d’une couverture d’assurance limitée.
Cette situation alimente les préoccupations concernant les risques d’accidents, de marées noires, de collisions et les difficultés d’attribution des responsabilités dans des voies maritimes particulièrement fréquentées comme la mer Baltique.
Le renforcement de la surveillance par la Suède, le Danemark, la Finlande et d’autres acteurs régionaux coïncide avec ce que les autorités décrivent comme des mesures de protection russes plus affirmées. Marko Petkovic a indiqué qu’il n’y a, à ce stade, aucune raison d’inquiétude immédiate, tout en insistant sur la nécessité d’une plus grande transparence et prévisibilité en mer afin d’éviter les incidents.
Des rumeurs concernant la présence de personnels armés à bord de pétroliers avaient commencé à circuler à l’automne 2025, après des déclarations de pilotes militaires danois faisant état de situations tendues à proximité de navires de la flotte fantôme. Les déclarations suédoises constituent la première confirmation officielle de ces informations, bien qu’aucune image publique n’ait été diffusée ; les observations reposeraient sur des moyens de surveillance aérienne et maritime.
Certains médias occidentaux et spécialisés dans les questions maritimes interprètent cette évolution comme un pas vers une militarisation partielle du transport commercial afin de protéger les activités de contournement des sanctions. À l’inverse, des médias pro-russes présentent ces mesures comme défensives, évoquant des risques d’ingérence de la part des forces de l’OTAN.
Les autorités suédoises continuent de qualifier leur action de simple surveillance plutôt que d’escalade, tout en reconnaissant une montée des tensions dans l’espace maritime de la Baltique.

6 janvier 2026
Lire la suite
5 janvier 2026
Lire la suite
5 janvier 2026
Lire la suite
29 décembre 2025
Lire la suite