
Le Premier ministre britannique Keir Starmer doit signer jeudi un accord avec le président chinois Xi Jinping portant sur le partage de renseignements afin de lutter contre les réseaux de trafic de migrants. Cette initiative est perçue comme un net réchauffement des relations entre Londres et Pékin après plusieurs années de tensions diplomatiques.
Dans le cadre de cet accord, le Royaume-Uni et la Chine se sont engagés à coopérer pour limiter la fourniture de moteurs de petites embarcations fabriqués en Chine et utilisés lors des traversées illégales de la Manche. Londres espère ainsi perturber les chaînes logistiques des groupes criminels et réduire les arrivées de migrants depuis la France.
La visite de Keir Starmer, la première d’un chef de gouvernement britannique en Chine depuis 2018, a bénéficié d’une large couverture dans les médias d’État chinois. Pékin y voit une occasion de tirer parti des fractures apparues au sein du camp occidental, dans un contexte de pressions économiques et militaires exercées par le président américain Donald Trump sur ses alliés.
Selon Downing Street, le pacte sur la sécurité des frontières prévoit un échange de renseignements pour identifier les itinéraires d’approvisionnement des passeurs, ainsi qu’une coopération directe avec les fabricants chinois afin d’empêcher l’utilisation d’équipements civils à des fins criminelles.
Au-delà de la dimension sécuritaire, le gouvernement britannique espère que l’amélioration du climat politique ouvrira la voie à de nouvelles opportunités économiques, plusieurs accords devant être annoncés au cours de la visite. Celle-ci suscite toutefois des critiques au Royaume-Uni, où certains responsables politiques dénoncent un rapprochement jugé risqué sur le plan de la sécurité nationale.
Malgré des divergences persistantes sur les droits humains, notamment concernant Hong Kong et le Xinjiang, Keir Starmer a choisi d’éviter toute critique publique de Pékin. Parallèlement, Londres examine avec prudence un projet d’investissement chinois majeur dans l’éolien, en soulignant que la sécurité nationale reste prioritaire.
En Chine, le déplacement du Premier ministre est présenté comme le début d’un « nouveau chapitre » des relations bilatérales. Les médias chinois mettent en avant la volonté affichée par Londres de ne pas être contraint de choisir entre la Chine et les États-Unis, interprétée comme le signe d’une approche diplomatique plus pragmatique dans un contexte international en mutation.

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